The Last of Us : quand HBO élève l'adaptation vidéoludique au rang d'art
Adaptée du jeu vidéo éponyme de Naughty Dog, The Last of Us sur HBO n'est pas simplement une bonne série de genre — c'est une œuvre qui redéfinit ce que peut être une fiction post-apocalyptique à la télévision. Diffusée en 2023, la première saison a divisé par avance les fans du jeu, mais a su convaincre jusqu'aux plus sceptiques.
Un univers fidèle, mais jamais servile
Le showrunner Craig Mazin, à qui l'on doit déjà l'excellent Chernobyl, s'associe à Neil Druckmann, créateur original du jeu, pour livrer une adaptation qui respecte l'essence du matériau source sans en être l'esclave. Les grandes lignes de l'histoire sont préservées :
- Joel (Pedro Pascal), un contrebandier endurci par vingt ans de survie dans un monde ravagé par un champignon parasite
- Ellie (Bella Ramsey), une adolescente immunisée contre l'infection, seul espoir pour l'humanité
- Un road trip émotionnel à travers les États-Unis dévastés
Mais là où la série excelle, c'est dans l'exploration de personnages secondaires qui n'avaient que peu de place dans le jeu. L'épisode 3, centré sur Frank et Bill, est à ce titre une parenthèse bouleversante que de nombreux spectateurs citent comme l'un des meilleurs épisodes de télévision de l'année.
Des performances d'acteurs au sommet
Pedro Pascal incarne Joel avec une gravité et une retenue qui font mouche. Bella Ramsey, que certains craignaient trop jeune ou trop différente de son homologue virtuelle, impose rapidement un Ellie vif, irrévérencieux et profondément touchant. Leur duo est le moteur émotionnel de la série.
Points forts
- Écriture : dialogues naturels, arcs narratifs bien construits
- Réalisation : mise en scène soignée, ambiances visuelles marquantes
- Musique : Gustavo Santaolalla reprend ses compositions du jeu avec bonheur
- Rythme : la série prend le temps d'installer ses personnages sans jamais s'embourber
Points à nuancer
- Certains épisodes de transition manquent légèrement de rythme
- Les fans du jeu pourront trouver quelques raccourcis narratifs décevants
- La violence, présente dans le jeu, est parfois édulcorée à l'écran
Une série qui s'adresse à tous
L'un des véritables tours de force de The Last of Us est d'être accessible à un public qui n'a jamais touché une manette. L'infection au Cordyceps, le contexte de l'effondrement de la civilisation, les factions rivales — tout est expliqué avec clarté et intelligence, sans jamais tomber dans l'exposition lourdaude.
Verdict
The Last of Us Saison 1 est une réussite quasi-totale. Elle prouve une fois pour toutes que les adaptations de jeux vidéo peuvent atteindre le même niveau d'excellence que les meilleures séries originales. Un incontournable pour les amateurs de drama intense, de science-fiction humaniste et de récits de survie.
Note : ★★★★½ — Indispensable